La Taverne de Sma et Cherad
 
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 Rien ne peut changer le coeur d'un homme.

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Le Poulpe
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MessageSujet: Rien ne peut changer le coeur d'un homme.   Lun 28 Jan - 2:49

Le ciel d'un mauve très marqué, surprenait le Poulpe.
Il ne pouvait détacher son regard de ces nuages déchirés.

Il soupira.

-Laurent, qu'avons nous donc fait au ciel pour qu'il nous punisse ainsi ?

Il se retourna.
Son ami de toujours le regardait fixement, les yeux brillants de fièvre.
Le poulpe s'avança vers lui, marchant doucement sur le sable.
Non qu'il désirait paraître calme, mais plutôt qu'il était épuisé.
Il tenta quand même de masquer cette extrème lassitude aux survivants de la goêlette, se souvenant encore et encore, qu'un capitaine ne devait jamais montrer ses sentiments.
N'oubliant pas, que sur lui, des paires d'yeux anxieux se fixaient en permanence, et même si ces regards étaient dérobés, qu'ils n'en attendaient pas moins de trouver en leur capitaine la force qui commençait à leur manquer.

Il s'agenouilla près de son ami.
Baissant la tête, il huma l'extrémité du membre blessé.
Le genou n'était plus qu'un tas de chairs, de la cuisse entaillée jusqu'à l'os, suppurait un liquide jaune mêlé de sang en un mince filet.
Le bas de la jambe, qui paraissait pourtant intact, était gonflé et violacé.

Gangrène, pensa-t-il aussitôt.

Seule l'amputation aurait pu maintenant sauver ce qui restait d'un homme après ces jours de désespoir, passés à guetter en vain quelque pirogue ou autre embarcation.

-Ce n'est pas très beau, n'est ce pas ?

Le poulpe ne répondit pas.
Ce n'était pas une question.

-Te sens-tu au moins un peu mieux, depuis que nous avons trouvé de l'eau douce ?
-Oui, cela a calmé le feu qui brûlait en moi. Mais je crois que ce sont surtout les herbes que Rhuma a ramassé, qui se sont avérées salvatrices.

Sauver ?
Le Poulpe ne le pensait pas, et il savait qu'il n'était pas le seul.
Il jeta un oeil à Rhuma.
Ce dernier, assis sur le sable, taillait quelques morceaux de bois dans l'idée de confectionner une civière.
A cet effet, il avait déja amassé les larges feuilles qui serviraient de toile.
Rhuma...Deux cent vingt livres de ressources inépuisables. Une bouche de laquelle jamais une plainte ne sortait.

...


(fait chi*r, vous m'avez donné l'envie de recommencer avec vos rp. On est pas sorti de l'auberge... )

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Hormis la défaite, rien n'est plus terrible que la gloire. (Pierre Schoendoerffer)
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Coelum, non animum mutant qui trans mare, mare currunt. Courir au-delà des mers, c'est changer de climat, mais non changer de coeur (HORACE, liv. I, épit. XI, v. 27)


Dernière édition par Le Poulpe le Mar 10 Sep - 18:14, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Rien ne peut changer le coeur d'un homme.   Mar 29 Jan - 4:26

Le Poulpe se releva.
Il s'éloigna en direction de la forêt bordant la plage.
Ce matin, ils avaient pu trouver de l'eau.
Soulagement général qui avait, pour un temps, minimisé la situation catastrophique dans laquelle ils se trouvaient.

Il s'arrêta en bordure de cette forêt, laissant son regard s'accoutumer à la zone d'ombre qui s'étendait maintenant devant lui.
Ils n'étaient que douze. Il fallait faire un choix.
Rester sur la plage, allumer un feu qui brillerait jour et nuit, et les tiendrait éloignés de l'eau douce, où s'enfoncer dans cette amas d'arbres et de lianes.
S'enfoncer procurerait du gibier. Ils avaient ce matin vu, quelques espèces d'animaux : Des oiseaux, des sortes de rongeurs gros comme des chats...Il devait y en avoir d'autres.
Et puis la mer pourrait fournir coquillages, crustacés, crabes...Hum. Pas de quoi nourrir douze hommes affamés.
Sans arme à feu, et avec seulement quelques couteaux, le futur ne s'annonçait guère rassurant.

Il s'assit.
Fermant les yeux, des bribes de ce passé si proche et pourtant si lointain lui remontèrent en mémoire...


-Non, je n'irai pas par quatre chemins laurent. Ce commodore nous emmène au diable s'il continue ainsi !
Son ami de toujours, premier lieutenant à bord de l'Ondine, une frégate de 32 canons, avait outrepassé ses droits.
Le capitaine laurent Brizac, le savait pertinemment. Même à l'abri des oreilles indiscrètes comme ils l'étaient dans sa cabine, jamais son premier lieutenant, yves Derouec, ne s'était laissé aller à de tels éclats. Il fallait vraiment qu'il fut à bout, pour interpeller et prendre à témoin son capitaine de pareille manière.

-Calme toi, pour l'amour de dieu, soupira Brizac. Tempêter ainsi n'est pas digne de toi.
Il leva un regard sans animosité aucune, vers son ami de longue date. Le ton de sa voix un peu lasse calma aussitôt ce dernier.
Debout, les deux mains posés sur la table ou s'étalaient les cartes des îles Prameros, il semblait se retenir d'exploser plus encore.
Il fixa son capitaine sans mot dire, et décontractant doucement des bras bandés de fureur, finit par se rasseoir.
-Il nous emmène au carnage, te dis-je.
-Je ne sais pas. C'est bien possible, mais c'est notre commodore.
-Commodore...commodore de salon oui ! Il ne t'a même pas écouté lors de la réunion de ce matin. Ni toi, ni aucuns des autres capitaines présents.
Même le capitaine de corvette Espard était de ton avis, et c'est pourtant lui qui risque le moins dans l'affaire.

Brizac soupira derechef. Il valait mieux attendre que son premier lieutenant se calme et ne pas lui opposer d'arguments qui seraient, de plus, fallacieux.
Il avait raison, et il le savait. Mais la véhémence de son discours ne résolvait absolument rien. Les ordres avaient été donnés, et rien n'empêcherait la suite des événements d'amener avec elle, victoire où défaite, retour ou mort certaine.

...

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MessageSujet: Re: Rien ne peut changer le coeur d'un homme.   Dim 13 Avr - 1:24

Au soleil du matin, le côtre à peine visible sur l'horizon éclairait la progression de la petite escadre.

Le Battant, ce vieux soixante canons de 25 ans d'âge, menait la colonne.
L'Ondine suivait, obéissant scrupuleusement aux pavillons qui montaient et descendaient sans relâche aux drisses du vieux 4ème rang.
La Fine Fleur, corvette de vingt canons, fermait la mince ligne de vaisseaux.

Brizac nonchalament, jeta un oeil sur le pont.
Son équipage venait de manger, comme l'ordre avait été donné.
Boeuf salé, biscuit et ration de rhum de combat.
De quoi voir les heures à venir avec ce mélange de solidité et d'indolence propre à tout estomac repu.
Après ce repas en partie chaud, les feux avaient été éteints et nul ne savait quand ils pourraient être rallumés.

Il entendit son timonier maugréer contre cette saleté de vent qui ne se décidait pas à tourner franchement.
Ses deux aides ne pipaient mot. Quand le vieux Larty se mettait à pester, mieux valait cramponner la barre et se tenir coit.
Brizac sourit discrètement. Larty n'était plus tout jeune, mais ses connaissances étaient plus qu'appréciables en ces eaux rarement fréquentées.

De nouveaux petits points noirs montèrent aux drisses du Battant.
Brizac vit l'aspirant Guernec pointer sa lunette en toute hâte tandis que les petits points noirs se dépliaient, et vit les lèvres de ce dernier articuler ce que ses connaissances en matière de pavillons lui permettaient de saisir au plus vite.

Bien plus d'ordres que nécessaires, pensa-t-il.

Le commodore de Bergant ne voulait rien laisser au hasard. Ce commandement inespéré était sa dernière chance et il le savait pertinemment.
A ce titre, il abreuvait les navires de sa mince escadre, d'ordres tous plus inutiles les uns que les autres.
Brizac eut une pensée émue pour son capitaine de pavillon. Il ne devait déja pas se sentir bien à l'aise affublé d'un commodore sur son dos en permanence.
Avec de Bergant, ce devait être encore pire.
Depuis le départ, plus de huit punitions avaient été exécutées sur le vieux soixante canons.
Un gabier en était mort.
Les aspirants eux-mêmes devaient maudire ciel et enfer de s'être retrouvés en compagnie d'un tel maniaque de la discipline.
Brizac connaissait Senard, le capitaine de pavillon de de Bergant. C'était un homme calme et pondéré. Voir ainsi son équipage mailtraité ne devait pas lui amener un flot de sentiments propres à lui faire apprécier son commodore.

Le jeune Guernec arriva tout essouflé.
-Signal du Battant capitaine : "Vous tenir prêt à suivre la manoeuvre."
-Est-ce tout, monsieur l'aspirant ?
-Oui capitaine.

Brizac tenta de calmer l'exaspération qui montait en lui. Il réussit à soupirer, sans en montrer davantage.
-Envoyez l'aperçu.
-Bien capitaine.
-Monsieur Guernec ?!
-Oui capitaine ?
-Prenez votre temps lorsque vous grimpez jusqu'au gaillard. Ne laissez jamais à penser que la précipitation est notre lot quotidien.
-Oui capitaine, désolé capitaine...
-Ce n'est rien Guernec. Il faut éviter de laisser l'équipage imaginer qu'une quelconque panique puisse exister sur ce navire. Vous comprenez ?
-Oui capitaine.
-Bien. Allez donc envoyer cet aperçu avant que notre commodore nous suppose sourd et aveugle...
-Bien capitaine.

Brizac regarda le jeune aspirant redescendre vers le pont, conscient du regard de son capitaine sur sa nuque. Il marchait d'une allure calme et décidée.
Du coin de l'oeil, Brizac vit les hommes de barre ricaner à voix basse. Ils n'avaient pas perdu une miette de ce qui s'était dit.
-Alors, tas de mollusques ! Encore à rêvasser ?!
Le Maître timonier Larty lui non plus n'avait rien perdu, mais il considérait à juste titre que ses hommes n'avaient pas à se mêler des affaires d'officiers.

Brizac se retourna pour sourire derechef...


...

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